I. La nature juridique des stock-options
Sur le plan civil, les stock-options sont généralement définies comme une promesse unilatérale de vente par laquelle une société par actions accorde à certains salariés ou mandataires sociaux le droit de souscrire ou d'acheter, à un prix fixé à l'avance, un nombre déterminé d'actions dans un délai donné.
On distingue les options de souscription (actions nouvelles émises) et les options d'achat (actions existantes rachetées par la société préalablement à l'ouverture de l'option). Le bénéficiaire dispose d'un délai d'option, fixé par l'assemblée générale extraordinaire, pour décider individuellement de lever ou non l'option en fonction de l'évolution de la valeur du titre.
La nature juridique des stock-options reste discutée entre une analyse contractuelle majoritaire et une approche fondée sur la théorie de l'engagement unilatéral. La jurisprudence retient plutôt l'analyse contractuelle, en subordonnant l'opposabilité des restrictions au consentement du bénéficiaire et en refusant à la société la possibilité de modifier unilatéralement les conditions d'exercice en cours de plan.
Par ailleurs, l'attribution d'options constitue un accessoire du contrat de travail relevant du conseil de prud'hommes, tandis que les litiges nés des relations entre la société et le salarié devenu actionnaire peuvent relever du tribunal de commerce, ce qui confirme leur qualification de complément de rémunération imposable en traitements et salaires.
II. Les sociétés habilitées et les conditions générales de mise en place
Seules les sociétés par actions sont autorisées à consentir des options de souscription ou d'achat d'actions, ce qui vise notamment les sociétés anonymes, les sociétés en commandite par actions, les sociétés européennes et, plus largement, toutes les sociétés par actions, qu'elles soient cotées ou non. Le recours aux stock-options n'est donc pas réservé aux sociétés dont les titres sont négociés sur un marché réglementé, le législateur n'ayant pas souhaité limiter ce mécanisme aux seules entités cotées.
L'interdiction initiale faite aux sociétés non cotées de consentir des options d'achat, motivée par la crainte de manipulations spéculatives sur leurs propres titres, a été abandonnée, ouvrant plus largement l'accès à cet outil de rémunération.
La mise en place d'un plan d'options suppose néanmoins le respect d'un cadre légal précis, articulé autour des articles L. 225-177 et suivants du Code de commerce, qui encadrent notamment les conditions d'attribution, le délai d'exercice et la fixation du prix.
Pour les sociétés non cotées, la loi NRE impose que le prix de souscription ou d'achat soit déterminé selon des méthodes objectives d'évaluation, afin de prévenir les abus et d'assurer l'égalité de traitement entre bénéficiaires. En outre, les organes sociaux doivent rendre compte périodiquement aux actionnaires des conditions d'attribution et d'exercice, ce qui inscrit les stock-options dans une logique de transparence et de gouvernance renforcée.